On parle de trouble de l’éjaculation lorsqu’un homme éjacule plus tôt qu’il ne le souhaiterait.
Sur le plan clinique, on distingue trois typologies d’éjaculation prématurée. Qu’elle soit précoce, (inférieur à une minute), rapide, (inférieur à 5 minutes ; l’éjaculation intervient sans que l’homme ne l’ait décidé) ou ante portas (lorsqu’elle survient au moment de la pleine érection et avant la pénétration), c’est une difficulté liée à l’incapacité de moduler la montée de son excitation sexuelle et de gérer ses émotions.
Ce problème qui n’est pas d’ordre physiologique, provoque beaucoup de tension dans le couple. Sa prise en charge peut être aisée et rapide si l’homme a développé une bonne conscience corporelle.
Cette difficulté est directement lié au mode d’excitation sexuel. Le corps est entraîné dans une dynamique corporelle inadaptée. La sphère génitale est soumise à une vasocongestion maximale qui provoque le réflexe de l’éjaculation.
Ce corps se repère par sa contraction musculaire extrême, et une respiration en apnée. Il est important de préciser que malgré cette difficulté et la souffrance qu’elle occasionne, la fonctionnalité sexuelle est présente, contrairement au trouble de l’érection qui ne permet pas la pénétration. Les hommes qui sont confrontés à cette difficulté manquent parfois d’expérience et de repère à leur excitation génitale.
Certaines situations comme la présence d’une nouvelle partenaire et la volonté de l’homme de ne pas décevoir peuvent influer sur la sphère émotionnelle. Si l’homme avaient acquis les apprentissages de la gestion du vécu de l’excitation sexuelle, une bonne communication avec sa partenaire lui permettra de retrouver ses repères corporels et mieux vivre les prochaines relations sexuelles.
Cette communication me semble importante au risque de s’enfermer dans le cercle vicieux de la pression, bien connu des hommes qui ont à cœur de bien faire.
Trouble de l’éjaculation retardée
L’anorgasmie peut prendre plusieurs formes et peut aussi bien concerner les hommes que les femmes de tous âges. Chez les hommes, il renvoie à la difficulté d’atteindre le point de non-retour, autrement dit de vivre l’éjaculation associé au du plaisir (anorgasmie).
On parle de trouble d’éjaculation retardée lorsque l’éjaculation intervient après une très longue durée de pénétration avec des efforts intenses, ou d’anéjaculation coïtale lorsque l’éjaculation est impossible. Un fort sentiment d’impuissance accompagne cette difficulté, plus particulièrement chez ceux pour qui la volonté de parvenir à éjaculer et de donner du plaisir à leur partenaire est prédominant, ce qui est majoritairement le cas ! Cette situation crée un grand stress.
Il entretient un cercle vicieux qui renforce le trouble. Il n’est pas rare que des hommes renoncent à rencontrer une nouvelle partenaire ou à vivre une sexualité coïtale lorsqu’ils redoutent de ne pas être à la hauteur de l’attente de celle-ci !
L’évaluation sexoclinique des troubles de l’éjaculation prend en compte plusieurs facteurs : ce que traduisent nos pensées et les émotions qui y sont associées, la dynamique relationnelle du couple et les aspects physiologiques et le mode d’excitation sexuel.
Dans une démarche en face à face, l’utilisation de l’EFT (technique de libération émotionnelle) peut être utilisée pour neutraliser certaines émotions inappropriées qui entravent l’accès au plaisir et le vécu satisfaisant de l’acte sexuel. Cette phase ciblera particulièrement le sentiment d’impuissance et de honte vécu par l’homme, ainsi qu’un fort sentiment de culpabilité associé à de la tristesse et de la peur à l’idée de ne pas être à la hauteur. Il est essentiel de neutraliser les émotions à l’œuvre dans cette difficulté car elles entretiennent un cercle vicieux renforcé par les différentes tentatives.
L’hypnose peut aussi être utiliser pour modifier le système de pensées invalidant et agir sur le corps dans le sens de l’amoindrissement de la tonicité musculaire engagé dans l’acte sexuel.
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Repérer les signes et savoir quand un accompagnement peut vous aider
Cette approche thérapeutique intégrative fait également une large place aux apprentissages mis en place durant le développement psychosexuel ou, aux apprentissages plus récents dont peut résulter le trouble (utilisation de la pornographie…). La thérapie proposée vise aussi bien la capacité d’atteindre le point de non-retour et l’éjaculation qui s’en suit, tout en éprouvant du plaisir.
Elle permet aussi la compréhension des différents modes d’excitation sexuel, la prise de conscience de celui utilisé et de son lien avec la difficulté ressentie. Elle vise aussi à intégrer par des apprentissages corporels, un autre mode d’excitation sexuel qui permet à la fois le réflexe de la décharge associé au plaisir. En effet, l’évaluation sexoclinique de ce trouble montre un mode masturbatoire fait de stimulations péniennes avec de fortes pressions et des mouvements cadencés.
Durant les quelques secondes que permet un tel effort dans un corps bloqué et en apnée, le corps est maintenu dans un état de tonicité extrême puis relâché brusquement. La courbe de l’excitation sexuelle s’effondre littéralement sans parvenir au point de non-retour et à l’éjaculation dans le cas du trouble de l’anéjaculation. Dans d’autres cas, l’éjaculation peut survenir de manière retardée.
C’est un mode d’excitation qui est incompatible avec la pénétration, la pression exercée par le vagin étant insuffisante pour se rapprocher des sensations du mode masturbatoire. On comprend alors la nécessité de rééduquer ce mode d’excitation par un autre qui permette une courbe de l’excitation génitale et du plaisir sexuel qui aboutisse à la décharge.